Antton Negeluak sortürik - 2014

1376.pillage[X.15]

Catégorie : La vie quotidienne Publication : mardi 23 janvier 2018

 

Nomination de procureurs suite à pillage par des Souletins et des Béarnais

 

1376 – [Archives de Pampelune]

 

 

 

A touz ceuls qui ces p(rése)ntes l(ett)res verront et ouirons Jehan de Barguetes ?, ch(eva)l(ie)r, chamberlan du roy de France n(ot)re Sire, sal(u)t. Com(m)e au moys d'avril der(ni)er passé je, avecques ma compaignie passans p(ar) le royaume de Navarre es fins d'iceluy aye esté encontrez, pillez et robez de tous quaque ? j'avoye, c'est assavoir d'or, d'argent, vaisselle, joyaux, robes, chevauls, mules et autres plusieurs biens qui en povoient valoir p(ar) juste estimac(i)on la som(m)e de dix mil frans d'or par c(er)taines genz des, terres de Sole, seignourie du roy d'Anglet(er)re, et de Béarn, seignourie du conte de Foix, lesq(ue)lles genz ---- me espioient et se tenoient en embusthé, et pour ce des d(i)tes t(er)res yssuz estoient en ycelles, ap(rè)s s'en retrayrent1 et retourn(èr)ent avec le dit pillage et roberie et en ycelles furent recuillliz et receuz.

Savoir fais[ons] q(ue) je, confiant à plain de l'amour et bonne voulanté que nobles hom(m)es et sages Messire Rodrigo Duriz, ch(eva)l(ie)r, Jaques de Rue, escuyer, chamberlans, et Guill(aum)e Planterrose, thrésorier de très haut et puissant prince, mon très redoubté seig(no)ur le Roy de Navarre, ont emis ?, moy yceuls ay faiz, constituez et establiz, fais, constitue et establis p(ar) ces p(rése)ntes mes p(ro)cureurs générauls et c(er)tains messages espéciauls, aus q(ue)ls ensemble aus deux d'euls et à chascun p(ar) soy, j'ay donné et donne plain povoir, licence, auctorité et mandeme(n)t esp(éci)al de demander pour moy et en mon nom en jugeme(n)t et hors jugeme(n)t p(ar) deva(n)t q(ue)lsconques juges ou p(er)sonnes de q(ue)lque estat, condic(i)on, dignité ou p(ré)héminence que euls soie(n)t, soit p(ar) voie d'act(i)on ou p(ar) quelsconques aut(re)s voie ou voyes et maniè(re)s q(ue) bon leur semblera aus d(it)es genz qui ainsi me pillèrent et robèrent aus subgez et habitans des d(i)tes terres de Sole et de Béarn et à tous aut(re)s q(ue)lsconques q(u)'euls pouront savoir ne de qui auro(n)t souspeçon que à la di(t)e pillerie et roberie furent p(ré)sens ne d'icell(e) p(ar)ticipans ne consentans et qui de ce sont et pourront estre tenuz restituc(i)on, recouvrier et desdomageme(n)t de tout ce qui ainsi me fu pillié et robé, de la villennie qui me fu faicte et de touz ceuls domages, missions, int(er)es et despens q(ue) j'ay euz et soustenuz et pouvoir avoir et soustenir pour ceste cause, de faire paix, pour ce traictié, accort, transact(i)on et quictance plaine, une foiz ou pluseurs avec les des(sus) diz et chascun d'euls si com(m)e et p(ar) la mani(ère) q(ue) ceus des(sus)diz pro(cure)urs aus deux et à chascun d'iceuls semblera être bon à faire.

Et se p(ar) p(ar)ties euls et chascun d'euls et pevent avoir recouvrer ne recevoir au cune chose, de baill(e)r et donner quictance ou quictances de ce q(ue) recouvré et receu en auro(n)t, et g(ener)alleme(n)t de faire en ce fai[---] es deppendences d'iceluy toutes et q(ue)lscon ques choses q(ue) je y feroie et faire pouroie se je p(er)sonelme(n)t y estoie encores q(ue) fussent plusq(u)es ou moindres de celles des(sus) exp(ri)mées et déclarées et q(ue) de leur nature requeissent plus esp(éci)al mandeme(n)t.

Et oultre pour plus seureme(n)t et fermeme(n)t faire et (pro)céder sur les choses dess(us) di(t)es et chascu(n)e d'icelles p(ar) les dess(us) diz mes procureurs, ensemble pour les deux d'iceuls et p(ar) chascun p(ar) soy, je ay cédé, délaissé et t(ra)nsporté, cède, délaisse et t(ra)nsporte par ces p(rése)ntes en mes diz p(ro)cureurs tout le droit et toute l'act(i)on soit réal, p(er)sonnel, mixte, civil, prétoire ou ou aut(res) q(ue)lconques que j'ay et puis avoir pour les causes dess(us) d(i)tes et chascu(n)e d'icelles contre les d(i)tes genz q(ue) ainsi me pillèrent et robèrent, contre les subgez et habitans des d(i)tes t(er)res de Sole et de Béarn, et touz aut(re)s q(ue)lconques qui à la d(i)te pillerie et roberie fure(n)t p(ré)sens ne d'icell(es) p(ar)ticipans ne co(n)sentans et qui de ce sont ou po(u)ront estre tenuz.

Et vueil et me plaist et à ce me consens q(ue) en toutes choses touchans les d(i)tes causes chascu(n)e d'icell(es) et les deppendences, mes dess(us) diz p(ro)cure(ur)s, les deux et chascun d'iceuls, facent et puissent autant et p(ar) telle maniè(re) faire co(m)me se ce eust esté ou feust leur p(ro)pre fait, p(ro)metta(n)t p(ar) la foy et serme(n)t de mon corps et sur l'obligac(i)on de touz mes biens et des b(ie)ns de mes hoirs meubles et no(n)meubles p(ré)sens et avenir tenir, garder et obs(er)ver toutes les choses dess(us) d(i)tes et chascu(n)e d'icelles et de avoir [tache] et aggréable tout de q(ue) p(ar) mes diz p(ro)cureurs, p(ar) les deux et chascun d'iceuls en ycelles et chasc(u)n d'icell(es) sera fait, pacifié, traictié, accordé, trans(igé?) [tache] ratiffierai, app(ro)uverai, se mestiers est, toutesfois et qua(n)tesfois q(ue) j'en s(er)ai requis.

En tesmoign de ce, j'ay scellé ces p(rése)ntes de mon p(ro)pre scel [tache] Pampelune le 4(ème) jour de may, l'an de grâce mil trois cenz sexante et sèze

 

 

 

 

 

Accord avec le Roy de Navarre

 

[archives de Pampelune – 1376]

 

 

 

A touz ceuls qui ces p(rése)ntes l(ett)res verront et ouiront, Jehan de Barguette, ch(eva)l(ie)r, Chamberlan du Roy de France n(ot)re S(ire), Salut. Com(m)e au moys d'avril dernier passé soubz le saufconduit de t(rè)s haut et puissant prince mon très redoubté seign(e)ur le Roy de Navarre, je et avec moy Jehan Marie, escuyer de mons(ire) le Con(n)estable de France, et autres mes s(er)viteurs en ma compaignie audit Royaume de Navarre, ayons esté encontrez, pillez et robez de tout qua()que nous avions p(ar) c(er)taines gens yssuz des terres de Sole, seigneurie du Roy d'Anglet(er)re, et de Béarn, seigneurie du Conte de Foix.

 

Et mon dit seign(eu)r de Navarre, doulant se de ceste chose, voulant garder son ho(n)neur et son saufconduit et nous desdomager en ceste p(ar)tie, ait fait avec moy c(er)tain accort et composic(i)on de la voulanté et co(n)senteme(n)t de moy et du dit escuyer, c'est assavoir q(ue) mon dit seign(eu)r de Navarre me doit paier ou faire paier la so(m)me de huit mile frans d'or p(ar) certaine mani(èr)e concordée entre luy et moy pour toutes les choses q(ue)lconques qui ainsi nous ont esté pillées et robées, et pour touz ceux domages, missions, int(éret)s et despens, q(ue) pour ce et occasion de ce je et le dit escuyer avonz euz, faiz et soustenuz ou pourrions avoir, faire et soustenir en quelque mani(èr)e q(ue) ce soit ou puisse estre.

 

Savoir fais q(ue) p(ar)my le dit accort, je tant pour moy co(m)me pour le dit Jehan Marie et les aut(re)s de ma d(i)te compaignie pour touz les q(ue)ls je me fais fort, ay quitté et clamé, quitte par ces p(rése)ntes mon dit seign(eu)r de Navarre, ses ho(m)mes et subgez de quelque lieu de ses Royaume et terres, estat, condic(i)on, office et marchandise que euls soie(n)t et usent des dit(e)s pilleries et r(oberies) [tache] co(m)me dit est en son dit Royaume, ceux domages, missions, in(tér)ets et despens, et g(é)n(ér)alme(n)t de toutes choses q(ue)lconques senz et q(ue) pour ce ne pouroit [tache] de ce leur en puisse ne doye aucu(n)e chose demander, faire ne souffrir, demander p(ar) moy ne p(ar) aut(re) en temps avenir, fors la d(i)te so(m)me tant seuleme(n)t, pour la q(ue)lle avoir, je tant pour moy co(m)me pour le dit escuyer et les aut(re)s de ma d(it)e compaignie me tien et à touyours tendray pour très bien content, aggréé, satisfié et desdomagié.

 

Pomettant à mon dit seign(eu)r de Navarre, p(ar) la foy et s(er)eme(n)t de mon corps à luy corporelme(n)t, donnez sur ma loyauté, sur tout mon ho(n)neur et estat, et sur l'obligac(i)on de touz mes biens meubles et no(n)meubles p(ré)sens et avenir où q(u') ils soient et puissent estre trouvez tenir, garder et obs(er)ver ceste p(ré)sent quictance et quelsconq(ue)s chos(es) dess(us) d(i)tes et chascun(e) d'icelles, et faire tenir et garder en tout et p(ar)tout senz venir ne faire ou souffrir encontre par moy ne p(ar) aut(re) en temps avenir en aucu(n)e mani(èr)e. En tesmoign de ce, j'ay scell(é) ceste p(ré)sent quictance de mon p(ro)pre scel. Donn(é) à Pampelune le 6e jour de may. L'an de grâce mil trois cenz sexante et seze.

 

 

 

 

 

 

 

Note (AE) : Les cartulaires médiévaux, puppa :

 

p. 36 ...dans les années 1375-1378, des négociations ont été menées pour régler le conflit entre Charles V (Valois-France) et Charles II (Evreux-Navarre) ; au lendemain de la défaite de Cocherel (1364), le roi de France exige l'échange de Mantes, Meulan et le comté de Longueville contre la remise de Montpellier.

 

p. 37 … la pénible affaire de l'arrestation de Jacques de Rue : la vente de Cherbourg aux Anglais par Charles II décida le roi de France à confisquer les terres normandes...

 

Jacques de Rue semble être un diplomate (Chamberlan?) d'Evreux-Navarre

 

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