Antton Negeluak sortürik - 2014

Decimes.Marca[X.2]

Catégorie : La vie quotidienne Publication : lundi 22 février 2016

 

Les conséquences du conflit Réforme/Romaine

 

Le 23 février 1576 les commis de Béarn refusent de se rendre à la réunion des décimes qui se tient en Guyenne en raison des troubles qui agitent le Béarn : les évêchés de Lescar et Oloron « étaient sous la main du pouvoir royal ». Au début du XVIIème, le Clergé de France devient le médiateur entre les évêques de Béarn et le pouvoir royal. Aux Etats de Tours le 9 octobre 1605, Jean Pierre d'Abadie, évêque de Lescar et Arnaud de Maytie, évêque d'Oloron, sollicitent la main levée des biens écclésiastiques détenus par le domaine, le droit de racheter ceux détenus par les privés, etc. Requête bien accueillie.

 

Le 22 juin 1612, Arnaud de Maytie, évêque d'Oloron manifeste la prétention d'avoir voix aux réunions provinciales tenues à Auch et les diocèses de Lescar et Oloron y sont admis. Le 27 juin 1615 les membres du Clergé se préoccupent du rétablissement du culte catholique en Béarn, le 1er juillet la Reine donne audience à une délégation et le 27 juillet Potier, évêque de Beauvais, fait une harangue intéressante : les biens du Clergé possédés en Bearn par les Réformés représentent 50,000 livres, le domaine royal devrait le donner au clergé bearnais pour 10,000 l. Adopté.

 

Le 3 juillet 1621, l'abbé d'Etampes revient d'une mission d'évaluation en Bearn et estime le montant à 21,000l. Le 8 septembre les évêques bearnais demandent l'éxonération complète afin d'employer les fonds à la reconstruction des églises. L'assemblée refuse et fixe la quote-part de 14,000l.

 

En 1623 les évêques béarnais demandent leur union au clergé de France en contractant l'obligation de payer leurs décimes. N'ayant aucune rentrée, les officiers recouvreurs décident la saisie des bénéfices et le 6 septembte 1631 Me Daucery arrive en Bearn, avec un médiocre résultat. En 1635 aucune rentrée du Bearn et en 1641 Vincent d'Aguesseau, receveur général des décimes décide d'envoyer des auditeurs de comptes. L'abbé d'Etampes avait déjà établi le règlement du département :

  • les abbayes, prieurés simples et conventuels, les chapelles sur la moitié du revenu, charges acquittées

  • les cures au 1/6ème de leur produit

  • les chapellenies et communautés au 1/10ème

Ce règlement établissait en 1643 la part du Béarn à 14,000l et les diocèses de Lescar et Oloron sont indépendants dans le versement des décimes.

 

En avril 1650 toujours pas de versement ni d'arrérages. Le 9 février 1655, les commissaires Marca, évêque de Toulouse, l'évêque de Comminges et l'abbé de Carbon étudient la situation : « seulement 6,000l versés des 43,400l dues pour les années 1646, 47, 48 et 49. Les receveurs ont versé 3,000l par an au lieu de 10,850l. Ce résultat vient du fait ont mis en reprise la somme de 2,512l annuelle portée au compte par diocèse. La Soule et la Basse Navarre taxées à 2,850 en 1643 n'ont jamais rien payé et ont été passées aux comptables à raison de 6,434 affectées au paiement des receveurs... »

 

Le 24 avril 1656, l'évêque Marca et l'abbé Carbon prennent le bureau du Clergé et reprennent la question des décimes : le département de 1621 avait fixé 6,612 par an pour Oloron (3,537 pour le Bearn, 1089 pour la Soule) et 7,388 pour Lescar. Les receveurs d'Oloron mettent bien 3,755 en recette mais ils retiennent chaque année 3,217 pour les gages et les augmentations, et une reprise de 716l, ainsi la dépense excède la recette. D'où un débat sur oui ou non déduire des décimes le gage des receveurs

 

Le 29 juillet 1670, Gilbert de Choiseul explique devant le Clergé comment le clergé de Bearn était toujours réfractaire au paiement des décimes. Le Clergé exige le paiement depuis 1655 et les représentant bearnais protestent : ils ont des charges écrasantes, le pays est pauvre (« En 1666, l'évêque d'Oloron dit que son évêché qui rapporte 9,000l doit une pension de 4,000l »). En janvier 1670 Bartet, receveur des decimes du Bearn exige du comte de Guiche des gardes, les représentants protestent et « l'évêque d'Oloron, loin de devoir les 21,000l définis par Choiseul, se déclare créancier car apportant 850l annuels pour les receveurs, il se trouve fondé à réclamer 32,000l. Pour la partie béarnaise dont l'imposition monte à 3,757, les bénéficiers supplient de considérer qu'ils ont toujours payé les receveurs dont les gages s'élèvent à 3,100l mais la Soule et la Basse Navarre n'ont rien versé et refusent absolument à participer aux décimes » Le Clergé décide que le diocèse paiera 3,400l à la recette générale eta 3,100 aux receveurs

 

Le 10 juillet 1690, Pennautier précise qu'Oloron a convenu de payer 1,790l par an quoique le règlement ait été remis en cause. Oloron est resté débiteur de 4,000l pour les années 1667 et 1668.

 

 

Les départements de 1641 et 1649

 

Mauleon(2+ Berraute, Larrebieu, Libarrenx et Licharre) 83

Lohitzun 20

Oyhercq 60

Montory 133

Licq + Sunhar 20

Prébende Senset de Pite 10

Haux et Atherey 20

Etchebar 10

Lichans 10

La cure de Viodos 133

Camou 10

Idaux + Mendy 66

Musculdy 20

Aussurucq 20

Le sacristain d'Aussurucq 20

La fabrique 8

Cihigue 20

Ossas 20

Alçay 10

Arhan + charritte de haut 20

Lacarry 10

Alçabehety 10

Troisvilles 20

Sauguis 8

Menditte + Galharrague 60

Gotein 8

Garindein + Viodos 60

La fabrique 8

Cheraute 150

Roquiague 20

Mendibieu 8

La cure de Moncayolle 50

Abense de bas 8

Espes 10

Charitte de bas + Lichos 40

Undurein 10

Aroue 133

Gestas + Tabaille + Campagne 40

Etcharry 15

Ithorrots + Olhaiby 20

Domezain 165

Barcus + esquiule 100

Rectorerie de tardets 133

Vicairie perpétuelle d'Ordiarp 10

La commanderie d'Ordiarp 1,600