Antton Negeluak sortürik - 2014

1666.71.Calvinistes[L.34]

Catégorie : Licharre Publication : dimanche 23 octobre 2016

 

A Monseigneur le comte de Tholongon gouverneur pour sa majesté au pays de Soule

Supplient humblement les chefs de famille et autres personnes professants la religion prétendue réformée tant à Mauléon que dans les villages voisins, disant que par la grâce de Dieu, ils ont eu la liberté de faire les exercices de leur religion publiquement tant en l'oratoire qu'en leurs maisons de Mauléon, qu'au château royal depuis 80 ans en ça et depuis ce temps entretenu des ministres actuellement résidents à Mauléon, mais le château ayant été démoli par commandement du défunt roi de glorieuse mémoire, les suppliants, pour la continuation des exercices de leur religion prirent provisoirement la maison noble du Domec de Chéraute, village le plus proche de Mauleon où ils vont depuis la démolition d'il y a dix sept ans ou environ.

Monseigneur, les désordres et les mouvements qui ont été dans tout ce pays pour le bien et le repos duquel les suppliants se sont entièrement donnés à vous, les ont empêchés de poursuivre sans cesse le rétablissement des exercices de leur religion dans Mauléon conformément à la volonte de nos rois exprimée dans l'Edit de Nantes. Et premièrement, en l'article 2 où il est porté expressément en ces termes, qu'il est permis à ceux de cette religion, faire et continuer son exercice en toutes les villes et lieux de notre obéissance où il était par eux établi et fait publiquement par diverses fois les années 1596 et 97, nonobstant tous arrêts et jugemetns contraires.

Monseigneur, les suppliants sont dans ce cas, car il se justifie par l'attestation ci-attachée qui est authentiquement et judiciairement faite, y assistant monsieur le procureur du roi, que les suppliants sont en possession de faire les exercices de leur religion depuis plus de 70 ans à Mauléon et au château royal, publiquement et au su de tous les habitants du lieu, après quoi il n'y a rien à redire, quelque prétexte qu'on ait voulu rechercher fort mal à propos, même au préjudice de la lettre de cachet de Sa Majesté que les suppliants ont eu l'honneur de vous faire voir. Ce considéré, il vous plaise de vos grâces Monseigneur, permettre aux suppliants de deux choses l'une, ou bien de continuer les exercices de leur religion dans leurs maisons de Mauléon comme ils faisaient au temps marqué par l'Edit ou bien de bâtir un lieu commode pour l'exercice de cette religion dans Mauléon (.barré.) avec inhibitions et défenses à toutes personnes de quelque qualité et condition qu'elles puissent être de troubler et empêcher les suppliants en leurs exercices et construction du lieu à peine d'être punis comme perturbateurs du repos public et de l'union que Sa Majesté entend que tous les sujets gardent particulièrement avec ceux (.ilisible) la religion, et cependant leur permettre de continuer cet exercice dans la maison dite de Jaurigoihen de Chéraute appartenant à la damoiselle veuve du défunt sieur de Bela Chéraute et de son consentement avec pareilles inhibitions contre toutes sortes de personnes de les troubler ni empêcher jusqu'à leur rétablissement à Mauléon et ferez justice. 

 

Grosse :Requête des Calvinistes de Mauléon à Mr le comte de Toulonjon.